Projet d'effacement du barrage hydro-électrique



Projet d'effacement du barrage hydro-électrique
Une réunion publique a eu lieu le mardi 21 février, salle Viollet-le-Duc. La population était invitée à venir découvrir la présentation de l'avant-projet détaillée concernant l'effacement du barrage de l'ancienne usine hydro-électrique.

Les acteurs du projet ont pu répondre à cette occasion, à toutes les interrogations du public.
Il s'agit du SIRTAVA qui assure la maîtrise d'ouvrage, de la commune qui oriente le projet, de l'Agence de l'eau, de la DDT, et de l'ONEMA.
Le bureau d'étude Cariçaie, a également fait une présentation de l'étude réalisée dans ce cadre.

Contexte de l'opération

La Directive Cadre sur l’Eau (DCE, n°2000/60/CE) fixe comme objectif pour 2015 l’atteinte du « bon état des masses d’eau ». La continuité écologique des milieux aquatiques, qui se définit par les possibilités de déplacement des organismes vivants ainsi qu’un transport des sédiments efficient, constitue un facteur prépondérant pour l’atteinte de ce bon état.
Le barrage de l’ancienne usine hydroélectrique de Semur-en-Auxois a été identifié comme représentant une entrave importante à la continuité écologique de l’Armançon. Cet équipement, désaffecté depuis plusieurs dizaines d’années, appartient à la Commune de Semur-en-Auxois. À environ 350 ml en aval de ce barrage se situe le moulin de la Laume dont la chaussée constitue également un obstacle au franchissement piscicole et à la mobilité des sédiments.
Le ministère en charge de l’environnement a mis en œuvre en 2010 le plan national d’actions pour la restauration de la continuité écologique. Dans ce cadre, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie subventionne à hauteur de 95 % les opérations permettant de réaménager les ouvrages pour permettre la restauration de la continuité écologique.
Le SIRTAVA, qui a notamment pour objet, selon ses statuts, « la coordination de l’ensemble des travaux et  études nécessaires à l’atteinte ou à la préservation du bon état des rivières et cours d’eau tel que défini dans la DCE », a donc engagé un projet d’aménagement de ces deux ouvrages, en concertation avec les propriétaires concernés, afin de restaurer la continuité écologique.
Concernant l’ancienne usine hydroélectrique, le site constitue potentiellement une zone d’agrément ; la Commune de Semur-en-Auxois souhaite donc profiter de ce projet d’aménagement pour revaloriser le site dont elle est propriétaire afin d’en faire une zone publique récréative conservant toutefois son caractère naturel.

Objectifs de l'opération

Restauration de la dynamique naturelle sur un tronçon 3,5 km de rivière et suppression des effets néfastes générés par les barrages :
  • Interruption du transit sédimentaire avec envasement du plan d’eau en amont et déficit de la charge en aval, d’où une dynamique fluviale perturbée ;
  • Impossibilité du transit piscicole ;
  • Augmentation de la température de l’eau et dégradation de ses paramètres physico-chimiques (eutrophisation) ;
Suppression du risque de rupture du barrage de l’ancienne usine hydroélectrique (risque de départ de sédiments).

Revalorisation environnementale du site de l’ancienne usine hydroélectrique.

Ouvrage concerné

Le barrage de l’ancienne usine hydroélectrique (ou moulin du Foulon de la Laume) :
  • hauteur de chute : 4,5 m,
  • largeur d’environ 30 m.
Le barrage appartient à la commune de Semur-en-Auxois. Il présente de nombreux signes de faiblesse (fissures, fuites…). Les organes de régulation au nombre de 12 sont inopérants. Le plan d’eau formé par le barrage, d’une longueur de l’ordre de 1 000 ml est largement envasé (environ 10 000 m3 de sédiments à évacuer).

La chaussée du moulin de la Laume:
  • hauteur de chute : 2 m,
  • largeur d’environ 25 m.
Cet ouvrage appartient à un particulier.


     


1.Posté par motz jangui le 26/02/2012 23:57

Projet d'effacement du barrage hydro-électrique de Semur en Auxois, l'Europe touche le fond.



Petit préalable historique
C'est au XIIIe siècle, en Occident, que les moulins à eau se multiplient. Ils vont faire partie de nos paysages pendant 7 siècles !
Au XIXe siècle, l'invention de la turbine hydraulique d'un rendement bien supérieur à la traditionnelle roue à aubes et l'avènement de l'électricité condamnent ces vieux moulins qui disparaissent peu à peu. L'activité de meunerie se concentre alors dans les grandes minoteries régionales. Enfin, par une ponction sans précédent sur la population masculine, la guerre de 14-18 sonne le glas définitif (?) de nos vieux moulins. Dès 1920 beaucoup d'usines, comme on les appelle à l'époque, sont à l'abandon et leurs infrastructures délaissées : les embâcles s'accumulent sur les barrages , les biefs ne sont plus curés, les vannages de bois et les roues à aubes ou à augets pourrissent sur place et ne sont pas remplacés.

Je reprends pour les commenter les objectifs de l’opération:

- restauration de la dynamique naturelle de l’Armançon sur un tronçon de 3,5 km :
Pour l’essentiel nos rivières ont l’aspect qu’on leur connait car l’homme les jardine depuis des siècles. L’homme a besoin d’espace pour ses activités, notamment agricoles, et, pour ce faire, il contient la rivière dans son lit en entretenant une végétation sur les berges (ou ripisylve) qui fixe celles ci avec, comme conséquence recherchée et atteinte, un lit de rivière creux et donc peu large. Si on remonte à l’époque gauloise, les rivières étaient des marécages qui encombraient le fond des vallées sur des centaines de mètres de largeur les rendant inaccessibles et inutilisables par l'homme. Puis les romains et après eux les gallo-romains ont installé les routes sur les hauteurs pour des raisons défensives évidentes, certes, mais sans doute aussi parce que le fond des vallées était impraticable...
Concernant plus particulièrement la rivière Armançon à la hauteur du site de l'ancienne usine hydroélectrique, situé juste en amont de la bonne ville de Semur en Auxois, la dynamique naturelle est largement compromise par la présence du barrage de Pont qui conditionne totalement les débits et la qualité de l'eau. Le "faciès" de la rivière est donc artificiel.
Prétendre restaurer la dynamique naturelle de la rivière en supprimant un "seuil" par ci par là est donc un peu illusoire.

- suppression des effets néfastes générés par les barrages:
A) interruption du transit sédimentaire:
ce n'est pas un inconvénient de stopper les sédiments , bien au contraire c'est plutôt un avantage: les sédiments sont riches en matières organiques et les crues régulières, par les débordements qu'elles occasionnent, contribuent à l'enrichissement par les sédiments des sols qui bordent les cours d'eau. Les Anciens l'avaient bien compris et provoquaient même des inondations contrôlées par des jeux de vannages appropriés.

B) impossibilité du transit piscicole:
les anciens barrages ou "seuils" étaient conçus de manière à permettre une migration des salmonidés. En effet, si leur profil est vertical sur la face amont, la face aval, qu'on appelle d'ailleurs "chaussée", est en pente douce pour permettre le passage des truites et autres salmonidés. C'est une loi de la nature: les salmonidés remontent aux sources pour se reproduire. L'homme ne doit donc pas s'y opposer par ses installations. Les Anciens avaient compris cela aussi: leurs barrages en témoignent.
Sauf que l'Armançon est une rivière de "deuxième catégorie" c'est à dire à cyprinidés dominants ( chevesnes, gardons, ablettes...) plus quelques brochets et perches échappés des vannes du lac de Pont . Les seuls salmonidés éventuellement présents dans l'Armançon sont les truites appelées pudiquement "surdensitaires" c'est à dire des truites qui n'ont rien de naturelles, élevées au "tout aliment" dans des piscicultures et déversées par les associations de pêche dans les cours d'eau, en Mars, 15 jours avant l'ouverture de la pêche... C'est une autre loi de la nature: les cyprinidés ne migrent pas !!! ils dorment, mangent, vont au cinéma et se reproduisent là où ils sont! le barrage ne les gêne donc pas.

-augmentation de la température de l'eau et dégradation de ses paramètres physico-chimiques (eutrophisation):

Notre pays d'Auxois est en "tête de bassin", proche des sources. Les dénivellations sont importantes et contribuent naturellement à un écoulement rapide et donc à une bonne oxygénation des eaux de rivières. Si l'eau, à l'amont d'un barrage et par le ralentissement de l'écoulement qu'il provoque, a tendance à se réchauffer, le passage du barrage lui-même, par la chute qu'il impose, contribue largement à ré-oxygéner cette eau et à abaisser sa température. C'est une autre loi de la nature: les rivières de têtes de bassin ont une capacité naturelle d' "auto-épuration". Les seuils participent de cet effet. Le bilan qualitatif des eaux de rivière entre l'entrée et la sortie de telles installations est neutre ou peu s'en faut. En outre la situation particulière du plan d'eau amont de notre barrage de Semur en Auxois préserve celui-ci d'un trop grand réchauffement. En effet la colline boisée, au sud protège le plan d'eau d'un trop grand ensoleillement.

-suppression du risque de rupture du barrage (risque de départ de sédiments):
qui veut tuer son chien l'accuse le la rage.
je ne suis pas un spécialiste de l'ingénierie hydraulique. Cependant la simple observation de l'édifice est plutôt rassurante. La structure béton semble en bon état. Certes les éléments en bois (passerelle, vannages...) sont à refaire mais change t-on de voiture quand le cendrier est plein ? Certes il y a des fuites, ce qui explique l'eau stagnante au pied de la digue. Et alors ? Le canal de Bourgogne comporte lui-même des fossés-collecteurs de fuite sur ses 2 berges et sur tout son parcours. Les solutions existent. Encore faut-il vouloir les voir.

Revalorisation environnementale du site de l'ancienne usine
voilà une prose un tantinet tendancieuse qui présuppose que le site à besoin d'être RE-valorisé. A écouter les semurois le site leur convient. La preuve: ils sont nombreux à venir s'y promener...

Pour la défense de cette installation j'ajouterai qu'elle fait aussi partie de notre patrimoine et qu'à ce titre nous nous devons non seulement de la conserver mais aussi de la réparer et l'entretenir.
Pour toutes ces raisons je n'admets guère qu'un aréopage de fonctionnaires exogènes viennent (pour certains de loin) pour nous convaincre de détruire notre barrage. Je n'admets pas non plus le chantage de fait qui consiste à dire que, si nous abondons dans le sens de la destruction de l'ouvrage les travaux ne nous coûteront rien et serons financés par l'Europe mais qu'en revanche un désaccord conduirait à court terme la ville à une obligation de travaux non subventionnés!

J'ajouterai encore à la décharge du maire de Semur en Auxois qu'il semble avoir sincèrement étudié d'autres alternatives. Mais non compétent dans un domaine si technique et cerné par des administrations puissantes et décidées il laisse sans doute à nous autres, ses concitoyens, le soin de dire, de proposer ou de s'opposer.

Le Progrès procède trop souvent par l'élimination de ce qui précède. C'est à regretter. Respectons le travail des Anciens qui fût toujours conduit avec bon sens, respect de l'environnement avant la lettre et économie de moyens.
Pour conclure je dirai qu'il est urgent ...de ne rien faire! Si ce n'est de commander une étude sérieuse à des techniciens indépendants tant sur l'impact environnemental de l'installation que sur l'état réel de la construction.
L'eau douce va se faire rare. Raison de plus pour la retenir.

Jangui Motz
Février 2011

2.Posté par Hermine le 29/02/2012 13:34
Bonjour,

Tout d'abord, merci aux organisateurs d'avoir organisé cette réunion publique. Il me semble que c'est un moment de démocratie important pour des projets qui touchent chaque habitant de la commune. Même s'il est vrai que l'on pourrait parfois espérer être associé plus en amont dans la démarche.

Ensuite, il me semble avoir saisi la nécessité écologique de laisser couler l'eau et les sédiments de manière naturelle, ce qui favoriserait une bonne qualité de l'eau douce. Et ce d'autant plus que rappelons-le, nous nous situons en tête de bassin versant (la ligne de partage des eaux est à Pouilly-en-Auxois), et que nous avons donc une grande responsabilité sur la qualité des eaux qui passent sur notre territoire et qui irriguent tout le bassin Seine-Normandie (soit environ 1/6 de la France).

Enfin, concernant l'ouvrage, je regrette également, qu'un tel ouvrage ayant marqué la vie des semurois depuis 1 siècle soit tout simplement "effacé"... La mémoire est le lien qui unit les générations et il me semble important de la préserver. C'est pourquoi serait-il possible, autant que faire ce peut lors de ces travaux, de préserver des éléments métalliques et symboliques de l'ouvrage afin de les mettre en valeur à la vue du public ?

Egalement, afin de rendre au semurois cet ouvrage et ce lieu qui leur appartient, je propose que le démarrage puisse être marqué par un grand rassemblement populaire (pique-nique, chants, barbecues, jeux, expo photo....) sur cet espace pour ensemble, non pas poser, mais faire tomber la première pierre.

La mémoire va se faire rare. Raison de plus pour la transmettre.

Hermine

3.Posté par motz jangui le 29/02/2012 13:50
Accessoirement l'ouvrage n'est pas en pierres mais en béton. Ce n'est donc pas des petits bras bénévoles qui vont exploser l'objet mais une machine de 15 tonnes. Je suis d'accord pour le pique-nique, la sun-dance et le socce bio. En revanche, plutôt que de déposer la première pierre je propose qu'on nettoie les embâcles (branches accumulées contre les vannes). On y verra plus clair. Et ça nous évitera peut-être de transmettre à nos gamins un tas de cailloux.

4.Posté par Charles le 02/03/2012 20:27
Heureux de voir que le site suscite encore des passions... Je rejoins le point de vue de motz jangui, l'ancienne usine électrique est un élément du patrimoine industriel semurois, et un témoin discret, modeste mais réel de la grande aventure de l'électrification à la fin du XIXe siècle. Il me paraît assez douteux que l'on ne puisse aménager un passage pour la faune, vu qu'on parvient à le faire sur des barrages encore en activité, et dont le débit / les turbines / la hauteur de retenue sont autrement plus imposants.


5.Posté par Flo le 30/09/2012 13:17
J'aime beaucoup cet endroit où je suis allé camper cet été. Le fait qu'il n'y ait pas de transit fluviale, que l'eau est profonde et sa température chaude en fait justement les atouts pour un coin agréable et tranquille
Flo

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